Le monastère des Trois Saints Hiérarques - Présentation
Conçu comme un ensemble monastique traditionnel, le Monastère des Trois Saints Hiérarques (St. Basile le Grand, St. Grégoire le Théologien et St. Jean Chrysostome) est de nos jours encore l’un des plus fameux ensembles d’art féodal roumain, un chef-d’oeuvre architectural devenu une légende et qui ne cesse d’émerveiller les touristes du monde entier. L’image actuelle du monastère est le résultat des travaux de restauration de l’arhitecte André Lecomte de Noüy, qui se sont déroulés de 1882 à 1904.
La structure extérieure - grâce à laquelle le monastère est unique dans l’architecture ecclésiale roumaine - a été conservée. Les travaux de restauration valurent à l’église et aux bâtiments annexes une série de modifications importantes, mais qui n’affectèrent pas la conception architecturale initiale et encore moins les décorations en pierre des façades. C’est toujours à l’époque de la dernière restauration que remontent les peintures de l’église ainsi toutes ses décorations intérieures. Le mobilier fut conçu par l’architecte français et réalisé à Vienne aux frais du Roi Charles Ier et de la Reine Elisabeth, les nouveaux fondateurs de l’église.
L’extérieur
Une magnifique broderie en pierre revêt complètement les murs de l’église. Ce sont des blocs de pierre sculptés un à un très minutieusement, en associant et harmonisant des styles extrêmement différents, soudés ultérieurement les uns aux autres avec du plomb fondu. Ce syle empruntant des éléments caucasiens, byzantins, gothiques et baroques aurait risqué dans d’autres conditions d’aboutir à un échec du point de vue artistique, mais cette combinaison a donné naissance à un chef-d’oeuvre - l’église des Trois Saints Hiérarques.
Les ornements extérieurs, qui revêtent complètement l’édifice, et qui initialement avaient été plaqués or, combinent des éléments turcs, arabes, géorgiens, arméniens et persans avec des motifs architecturaux roumains, dans une superbe dentelle en pierre. On peut y compter plus de trente registres de motifs décoratifs, qui ne se répètent pas et qui décorent l’église de la base jusqu’au sommet des tours.
Des vases persans, encadrés par des colonnes à la russe, des disques solaires, ressemblant à ceux qui sont sculptés sur les portes de la région de Maramures, des motifs floraux exotiques, des symboles mystiques universels s’entrelacent dans une parfaite harmonie avec des éléments puisés dans la sculpture roumaine traditionnelle, aux broderies populaires et aux entailles décoratives en bois.
L’intérieur
Le plan des Trois Saints Hiérarques est typique pour les églises moldaves du XVIIème siècle: exonarthex, narthex, nef et sanctuaire, avec deux tours, une au-dessus de la nef et la seconde au-dessus du narthex.
L’exonarthex a deux entrées, l’une au nord et l’autre au sud; son toit a deux petites voûtes. Le passage vers le narthex se fait par une porte ressemblant à un portail, encadrée par cinq moulures au profil gothique et deux cadres rectangulaires. La porte en bronze est ornée de bas-reliefs représentant les douze apôtres. Au-dessus de la porte il y a l’icône des Trois Saints Hiérarques en mosaïque plaqué or.
Dans la forme architecturale initiale, le narthex était séparé de la nef par un mur massif, remplacé à la suite des travaux de restauration par trois arcades soutenues par deux piliers. Il est à remarquer que tant les angles entre les murs du narthex que les angles entre les murs et les voûtes sont fermés par la même torsade ornementale qui se retrouve aussi dans la décoration extérieure. Dans les murs latéraux du narthex se trouvent quatre sépultures, deux de chaque côté, ayant la forme de niches à voûte. Ces tombes, dans lesquelles reposent la famille du fondateur et les princes régnants Dimitrie Cantemir et Alexandru Ioan Cuza, sont recouvertes de blocs massifs de marbre noir décoré.
Les reliques de Sainte Parascève, offertes au Prince régnant Vasile Lupu en tant que récompense pour l’aide généreuse que celui-ci avait donnée au Patriarcat Œcuménique, furent apportées depuis Constantinople et déposées dans une niche spécialement créée et décorée avec du marbre, des pierres précieuses et des mosaïques illustrant la vie de la Sainte.
A présent, ses saintes reliques se trouvent dans la Cathédrale Métropolitaine de Iasi, la niche de l’église des Trois Saints Hiérarques abritant la châsse qui contient les reliques du Saint Hiérarque Basile le Grand, reçues par le prince régnant Vasile Lupu en 1650. Confisquées par les autorités de l’époque en 1975, elles furent rapportées à Iasi le 28 décembre 2000.
L’iconostase de l’église remonte à la fin du XIXème siècle, lorsqu’il fallut remplacer l’ancienne iconostase, abîmée. La nouvelle fut sculptée en marbre de Carrare et décorée de mosaïques et d’émaux. Les veilleuses, les chandeliers et d’ailleurs tout le mobilier de l’église - en bronze orné d’ivoire et de pierres précieuses - datent de l’époque de la dernière restauration.
Le sanctuaire est conforme à la conception architecturale de l’église, ayant deux niches spacieuses, le proscomidiaire et la sacristie. Les murs sont décorés avec les icônes des trois saints hiérarques, encadrées par des torsades en guise de colonnes.










